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Tome premier.
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583
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FRAGMENT DE JUSTIFICATION. _ 583

places d’un roi fidèle à la loi, on était obligé de dé-fendre la cause d’un roi parjure!

Ceux qui, dans l’Assemblée constituante, défen-dirent la cause de l’inviolabilité des rois et lanécessité de conserver en France la royauté, m’insul-tèrent personnellement dans leurs opinions, et trou-vèrent excessivement ridicule qu’un géomètre dequarante-huit, ans, qui avait cultivé les sciences po-litiques depuis vingt ans, et y avait appliqué le cal-cul , eût un avis sur les questions de ce genre.

M. de la Fayette se leva pour déclarer qu’il étaitde l’avis de l’un de ces discoureurs. J’étais son am‘avant la révolution, je l’avais cru longtemps celuide la liberté; mais je le voyais avec peine, depuisles premiers mois de 1790, se laisser diriger pardes intrigants de toute espèce; vouloir se mettre àla tête d’un parti en négociant avec tous les autres;mener à la fois vingt projets différents; vouloir, parla crainte de l’Assemblée, gouverner la cour qui letrompait; se servir en même temps de l’influencesecrète de la cour pour gouverner l’Assemblée; et,par cette conduite incertaine, perdre sa réputationde probité, de dévouement à la cause du peuple,et se tromper lui-même en trompant les autres,parce que, conservant sa popularité apparente, ilne s’apercevait pas du changement de l’opinionpublique. La Fayette faisait profession de haïr lesrois, quinze jours avant de voter pour la restaura-tion de Louis XVI. Je l’avais vu rire avec moi, etplus que moi, des plaisanteries de Thomas Paynesur le ridicule de la royauté héréditaire. Sans doute,