FRAGMENT DE .TUSTIFICATION. 587
M. Couthon était conforme à l’esprit de la constitu-tion , à la dignité des représentants d’un peuple libre.Si le ministère eût voulu réellement maintenir laconstitution, si même il avait eu la plus faible idéed’un gouvernement populaire, le décret le servaitmieux que la politique la plus adroite. En effet, leroi, en l’approuvant, aurait donné une sorte de gagede son adhésion aux principes de la liberté et d’uneconstitution représentative. On employa, au con-traire, le mensonge et l’intrigue pour faire rapporterle décret dès le lendemain.il en résultait deux con-séquences évidentes : l’une, que l’Assemblée n’avaitpas une majorité formée en faveur de la liberté; l’autre,que le roi cherchait à l’influencer par la corruptionet l’imposture.
On s’occupa ensuite des mesures à prendre contreles émigrés; j’en proposai qui étaient compatiblesavec la justice, et qui tendaient à convertir en sim-ples voyageurs ceux qui n’avaient pas encore pris larésolution formelle de combattre leur patrie. Ce pro-jet fut rejeté avec humeur après avoir été applaudi,et j’appris parla qu’il se formait dans l’Assemblée unparti populaire plus passionné qu’éclairé, qui servi-rait la liberté contre le roi, mais qui nuirait par sonzèle au succès des moyens propres à la sauver.
On fit contre les émigrés un décret sévère et sur-tout mal combiné. Le roi refusa la sanction, et endonna les motifs par une proclamation injurieuse àl’Assemblée. Un décret relatif aux troubles religieuxeut le même sort, et le refus de sanction fut provo-qué par une adresse du directoire de Paris. Les dé-