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Tome premier.
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FRAGMENT DE JUSTIFICATION.

putes commencèrent dès lors à s’apercevoir que lesdirectoires de départements, que les tribunaux ap-puyaient assez généralement la cause du ministèredans cette guerre qu’il déclara au pouvoir législatif,et qu’ainsi il existait déjà deux conspirations de lacour contre la liberté : l’une, plus secrète, qui setramait par les confidents du roi avec les princes émi-grés et les puissances étrangères; et l’autre, dirigéepar la coalition de l’Assemblée constituante, et quitendait à faire servir la constitution à l’accroisse-ment du pouvoir royal et à la destruction delà liberté.

Ce fut à peu près vers ce temps qweM. de Narbonneentra dans le ministère. Je le connaissais pour unhomme d’esprit, et je ne croyais pas qu’il pût se ré-soudre à n’être que le complice des Duport, des DeLessart, des Bertrand, et l’instrument de la coalition.Je causai avec lui, et il me parut avoir des idées as-sez justes sur les véritables intérêts du roi, qui de-vait chercher à regagner la confiance du peuple età gouverner conformément au vœu de la majorité del’Assemblée.

Mais j’entendais qu’il fallait que cette majorité s’é-tablît d’elle-même, qu’il fallait bien se garder de cher-cher à en former une par les clubs des Feuillants,par des intrigues de salon, encore moins par la listecivile. J’entendais qu’il fallait suivre, non l’exempledu ministère anglais depuis le règne de George II,mais celui du ministère anglais sous Guillaume III,parce que ce n’était pas à la majorité de l’Assembléecomme pouvoir qu’il fallait céder, dans un tempsoù le mouvement révolutionnaire durait encore,