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Tome premier.
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FRAGMENT I)E JUSTIFICATION. 58t)

mais à la majorité de rassemblée comme interprètedu vœu national.

Soit que M. de Narbonne ne fût pas de cet avis,soit qu’il n’eût pas dans le conseil assez d’influencepour suivre ce plan, il ne réussit qu’à obtenir pourses vues une majorité chancelante, formée d’une por-tion du parti populaire et d’une portion du partiministériel. Son projet principal était de disperserles émigrés et de détruire par là un des principauxsujets de défiance contre le ministère. Le roi et leconseil parurent approuver ce projet pendant quel-que temps; leur langage se rapprocha de celui desamis de la liberté. Le message au roi de M. de Vau-blanc, la déclaration du 29 décembre que j’avaisrédigée (1), et surtout le serment du i/j. janvier,proposé parM.Guadet, avaient montré dans l’Assem-blée une sorte d’unanimité, ou du moins une majo-rité assez forte pour en imposer aux ennemis de lanation.

Mais bientôt le conseil abandonna une marchequ’il avait paru suivre un moment, dans la craintede se trop démasquer. Il obtint de la cour de Co-blentz une fausse promesse de disperser les émigrés;tout retomba dans la langueur, et l’on profita, pourrenvoyer M. de Narbonne, d’un moment où il avaitchoqué une portion des patriotes de l’Assemblée.

Peu de jours auparavant, on avait fait venir deVienne une longue dépêche, où Léopold avait l’airde n’avoir de mauvaises intentions pour la Francequ’en haine des Jacobins; où il assurait que le roi

(1) Tome X, p. 253 .