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Tome premier.
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FRAGMENT DE JUSTIFICATION. 09 1

On en a fait aux patriotes des reproches sévères.Je répondrai, pour moi, que je ne désirais pas laguerre, que j’aurais voulu pouvoir l’éviter. Mais ilétait évident que le roi de Hongrie ne la différait quepour se donner le temps de faire ses préparatifs ; que,par la nature du gouvernement nouvellement éta-bli, les nôtres seraient lents et faibles, tant que lepeuple ne serait pas certain que toutes les trahisonsménagées dans nos troupes et dans nos villes écla-teraient au moment où l’ennemi nous attaqueraitavec toutes ses forces; que, du moins, en nous dé-clarant sur-le-champ, si la mauvaise volonté de lacour nous empêchait d’avoir des avantages, et sur-tout de pouvoir protéger et décider l’insurrectiondes provinces belgiques, du moins elle ne nousempêcherait pas de nous mettre dans un état dedéfense imposante; qu’enfîn la cour ne pourrait niachever aussi aisément de ruiner la nation par dessimulacres de préparatifs, ni la trahir avec une im-punité si entière.

L’événement a prouvé la justesse de ces idées ; carsi la guerre n’eût pas été déclarée, l’ennemi n’en se-rait pas moins entré en France le 20 août, et alorsil n’eût trouvé que des places sans défense, des ar-mées nulles , et aurait encore décidé partout les tra-hisons que la cour avait su ménager en sa faveur.

C’est donc en détestant la guerre que j’ai voté pourla déclarer ; c’est parce qu’elle était le seul moyen dedéjouer les complots d’une cour conspiratrice. Lespatriotes qui auraient voulu qu’avant de combattre,on eût délivré la France d’un roi qui trahissait,ne