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Tome premier.
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5gi. FRAGMENT DE JUSTIFICATION.

voyaient pas que cette trahison ne frappait alors lesregards que d’une très-faible portion des citoyens;qu’en agissant d’après des soupçons qui ne pouvaientencore être appuyés sur des faits constants, on ris-querait de perdre la cause de la liberté; que l’Assem-blée était bien loin d’avoir la conduite ferme, sou-tenue , qui aurait été nécessaire pour arrêter oumettre au grand jour les complots delà cour.

S’il y avait eu dans l’Assemblée une majoritéconstante en faveur des moyens d’assurer la liberté,de contenir les intrigants appelés constitutionnels,de mettre la France à l’abri des troubles domestiqueset des attaques étrangères, alors sans doute il n’eûtpas fallu déclarer la guerre.

D’ailleurs, on avait eu l’adresse d’engager le roi àla proposer comme cédant au vœu de son conseil.Refuser alors aurait été , dans la situation des esprits,détruire toute possibilité de préparatifs, comme toutmoyen de prouver que le roi était secrètement d’ac-cord avec les ennemis. En un mot, quoique l’Assem-blée n’eût fait que demander des réponses positivesà l’empereur Léopold et à son fils, on l’avait ame-née au point de ne pouvoir voter pour la guerre sansêtre accusée de précipitation, de ne pouvoir la re-fuser sans compromettre la sûreté de l’État, tandisque le roi pouvait, suivant le succès , donner la dé-claration de guerre comme une preuve de sa bonnefoi, ou soutenir qu’il y avait été forcé par ses mi-nistres.

La lettre que le roi avait écrite en nommant unnouveau ministère, annonçait qu’il l’avait choisi