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Tome premier.
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FRAGMENT DE JUSTIFICATION. $97

occupés d’aller défendre les frontières que de resterpour surveiller les complots du château.

Tout annonçait une crise violente : le mot de dé-chéance du roi commençait à se montrer dans desadresses à l’Assemblée, et il était temps qu’elle prîtdes mesures efficaces, ou pour prévenir la révolu-tion, ou pour la diriger si elle devenait inévitable.

Je crus qu’il serait possible de la prévenir enadoptant un plan qui consistait : i° à faire une dé-claration au roi, dans laquelle l’Assemblée l’averti-rait que sa conduite annonçant une connivence cou-pable avec les émigrés et les rois ennemis de laFrance, il tombait dans le cas où la constitutionavait prononcé l’abdication présumée. Cet avertisse-ment solennel me paraissait exigé par toutes les con-venances, et en même temps il était propre à fixersur cette question l’attention du peuple, à lui mon-trer qu’il pouvait espérer de l’Assemblée nationaleles moyens de sauver la patrie, et c’était alors le seulremède qui pût calmer les agitations. i° Je propo-sais ensuite un certain nombre de décrets qui, s'ilsavaient obtenu la sanction, auraient ôté au roi lesmovens de nuire, auraient donné à l’Assemblée ceuxd’agir efficacement pour le salut public; et en mêmetemps, s’ils étaient rejetés, ce refus de sanction au-rait prouvé d’une manière si évidente les intentionsperverses de la cour, que l’Assemblée aurait pucompter sur l’assentiment général du peuple pourles mesures extraordinaires qu’elle aurait alors étéforcée de prendre.

Par l’un de ces décrets, tous les dépositaires du