600 FRAGMENT DE JUSTIFICATION.
vaut l’esprit des députés qui remplissaient alors lasalle, suivant l’influence que la force avec laquellele peuple manifestait son vœu exerçait sur les dépu-tés faibles ou incertains; rien de tout cela n’é-tait propre à inspirer cette confiance en une volontéquelconque, condition nécessaire pour la tran-quillité du peuple d’une grande ville. Le décretsur les déserteurs, le décret sur les représailleset quelques autres, honoraient de temps en tempsl’Assemblée; mais l’affaire du général La Fayetteacheva de lui ôter la confiance du peuple. Un appelnominal parut prouver qu’il y avait quatre cent sixpartisans de la cour contre deux cent vingt-quatreamis de la liberté. Je dis qu’il parut prouver, parceque la discussion fut mauvaise et tronquée; parceque l’on n’entendit parmi ceux qui défendaient legénéral que ses plats enthousiastes, et qu’il était dif-ficile aux auditeurs de deviner qu’une très-grandepartie de ceux qui adoptaient les conclusions de cesorateurs étaient, très-éloignés d’en adopter les prin-cipes.
Le lendemain de cet appel nominal, la veille dujour pour lequel, si la déchéance du roi n’était pasprononcée, on annonçait d’avance une insurrec-tion , il me fut enfin permis de présenter un rap-port (i) où j’exposais les difficultés de la questionque l’Assemblée s’était proposé de résoudre, et la né-cessité d’une discussion étendue. Je présentai aussiune instruction aux citoyens sur l’exercice du droit
(t) Tome X, p. 5a i (inédit).