FRAGMENT DE JUSTIFICATION. 099
et à plusieurs reprises, et presque tous les jours,ceux qui ne partageaient pas mes opinions, que cesmoyens étaient les seuls capables de prévenir unmouvement général, et qu’il fallait, ou enchaîner lacour et se montrer au peuple avec les moyens et lavolonté de prévenir les trahisons du roi et des mi-nistres, ou se résoudre à prononcer la suspension aumilieu d’une insurrection générale.
J’avais donc fait tout ce qui était en moi pourmaintenir la constitution ; il ne nous restait plusqu’à chercher les moyens de la respecter autantqu’il serait possible; et surtout de n’usurper aucunpouvoir, lorsque la nécessité nous obligerait à sortirdes limites de nos fonctions ordinaires. Le plan pro-posé par plusieurs membres de l’Assemblée, de seborner à la suspension du pouvoir royal, en invitantle peuple à former une Convention nationale, pré-sentait le mode de formation de cette assemblée noncomme une loi impérative, mais comme un conseil;ce plan paraissait réunir la pluralité des suffragesdans le comité chargé de discuter ces objets. Maisun tel décret ne pouvait obtenir le suffrage de l’Assem-blée. Le peuple doutait de l’Assemblée, et, malgré mesefforts, malgré ceux de plusieurs autres députés, ellene faisait rien pour ramener la confiance. Aucune dé-marche ferme, aucune attaque directe, même contredes ministres au moins suspects, ne calmait le peu-ple en le rassurant. La manière dont la questionqu’on appelait la déchéance du roi, était tantôt re-poussée comme une absurdité, tantôt ajournée à unterme prochain, comme une question ordinaire, sui-