002 fragment de JUSTIFICATION.
pie crurent un moment que ces violences placeraientl’Assemblée entre le danger de lui désobéir et lahonte de lui céder. Ils se trompaient : en une heurele peuple sentit les motifs de ses repi’ésentants, etvit qu’ils avaient fait tout ce que leur permettaientleurs pouvoirs, tout ce qu’exigeait le salut public.
J’exposai ces motifs dans deux adresses successi-ves (i), qui furent répandues dans toute la France,et qui peut-être contribuèrent à la réunir autour del’Assemblée nationale. J’y ai dit du moins la vérité,sans flatterie pour le peuple, et sans colère contre lestraîtres et les tyrans.
On m’a reproché d’avoir donné ma voix à Dan-ton pour être ministre de la justice. Voici mes rai-sons. 11 fallait dans le ministère un homme qui eûtla confiance de ce même peuple dont les agitationsvenaient de renverser le trône; il fallait dans le mi-nistère un homme qui, par son ascendant, pût con-tenir les instruments très-méprisables d’une révolu-tion utile, glorieuse et nécessaire; et il fallait quecet homme, par son talent pour la parole, par sonesprit, par son caractère, n’avilît pas le ministèreni les membres de l’Assemblée nationale qui auraientà traiter avec lui. Danton seul avait ces qualités : jele choisis et je ne m’en repens point. Peut-être exa-géra-t-il les maximes des constitutions populaires,dans le sens d’une trop grande déférence aux idéesdu peuple, d’un trop grand emploi dans les affaires,de ses mouvements et de ses opinions. Mais le prin-
(i) ToraeX, p. 5/ t 5 et 565.