FRAGMENT DE JUSTIFICATION. 6o3
cipe de n’agir qu’avec le peuple, et par lui, en ledirigeant, est le seul qui, dans un temps de révo-lution populaire , puisse sauver les lois; et tous lespartis qui se sépareront du peuple finiront par seperdre, et peut-être par le perdre avec eux. D’ail-leurs Danton a cette qualité si précieuse que n’ontjamais les hommes ordinaires: il ne hait ou ne craintni les lumières, ni les talents, ni la vertu.
Il était nécessaire d’exposer au peuple français,comme aux nations étrangères, les motifs de la con-duite de l’Assemblée nationale dans la journée duio août. L’exposition (x) qu’elle a publiée, l’adresse (2)qu’elle a faite quelques jours après, pour ajouter unenouvelle preuve aces motifs, d’après les faits nouvel-lement découverts, ont été mon ouvrage, et j’y ai ditla vérité sans flatterie pour le peuple, sans ménage-ment, mais sans colère contre les traîtres et les ty-rans.
Les massacres du 2 septembre, cet ouvrage de laférocité comme de la folie de quelques hommes,ont souillé cette révolution. Us n’ont pas été l’ou-vrage du peuple qui, ne se croyant ni la force, nil’intérêt de les empêcher, en a détourné les yeux.C’est celui d’un petit nombre de factieux, qui onteu l’art de paralyser la force publique et de trom-per les citoyens et l’Assemblée nationale, dont lesefforts ont été faibles et mal dirigés, parce qu’elleignorait le véritable état des choses.
De là cette lutte entre l’Assemblée nationale et la
( 1 ) TomeX, page 545.
(a) Tome X, page 565.