178 ÉLOGE DE M. DE LA CONDAMIIYE.
fleur de lis au haut de la pyramide, il fallut soutenirun long procès à l’audience de Quito. Une opérationsi utile aux sciences fut sur le point d’être détruite,parce qu’on n’entendait pas à Quito le latin du stylelapidaire. M. de la Condamine gagna pourtant sacause, et en fut quitte pour placer une couronnefermée sur la fleur de lis.
Les officiers de marine espagnols, blessés de neparaître dans l’inscription qu’à la suite des académi-ciens, avaient suscité ce procès; mais il faut leurrendre la justice, que cette discussion n’altéra pointleur union avec nos académiciens, et que, lorsqu’a-près le départ des Français, on surprit à la courd’Espagne un ordre de détruire les pyramides, ilsemployèrent leur crédit pour le faire révoquer. Cen’était donc pas l’intérêt de leur gloire qui avait ex-cité les deux savants espagnols à se plaindre de l’ins-cription des pyramides; c’était l’orgueil national,sentiment respectable, lorsqu’au lieu de s’applaudird’une supériorité vraie ou prétendue, il s’occupe del’acquérir ou de la conserver. C’est par un effet dece même sentiment, pour cette fois bien entendu,que les deux savants espagnols réclamèrent contrel’ordre de la démolition des pyramides , et qu’ils ou-blièrent le petit intérêt d’une inscription plus oumoins glorieuse, pour ne plus sentir que le reprochequ’allait attirer sur leur patrie la destruction d’unmonument élevé aux sciences.
Je n’ai point interrompu le récit des opérationsdes académiciens, par le détail de quelques faitspersonnels à M. de la Condamine. La générosité qu’il