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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. DE LA. CONDAMINE. 1 89

trop simple pour blesser l’amour-propre ou exciterl’envie, intéressant par son courage, et piquant mêmepar ses défauts, avait entièrement fait oublier les sa-vantes recherches de son collègue, qui semblait,comme on le lui dit un jour à lui-même, n’avoir étéau Pérou qu’à la suite de M. de la Condamine.

M. Bouguer pouvait donc regarder M. de la Con-damine comme un ennemi de sa gloire, du seul biendont il fût jaloux. Déjà assez âgé lorsque ses talentsle firent appeler dans la capitale, et préférant, pargoût comme par habitude, le travail à la société, iln’avait pu acquérir cette connaissance des hommesqui apprend à apprécier leurs injustices et à les sup-porter. Il n’eut pas la patience d’attendre du publicet de M. delà Condamine lui-même, la justice quiétait due à ses talents ; il ne sentit pas assez que lebruit que l’on fait à Paris ne dure qu’un moment,et que la gloire attachée à des ouvrages de génie estéternelle comme eux. La relation de son voyage futpleine d’humeur contre M. de la Condamine, quin’y répondit qu’avec gaieté; et le public, incapablede juger le fond de cette discussion, fut pour celuiqui savait l’amuser.

A peine M. de la Condamine fut-il débarrassé decette dispute, qu’il se livra à un objet dont les scienceset le commerce devaient retirer un égal avantage,dont l’exécution était simple et facile, et qui n’a étéabandonné que par l’indifférence générale des hom-mes pour ce qui n’est utile qu’au public : c’est l’é-tablissement d’une mesure universelle. Il proposaitde choisir pour unité la longueur du pendule sous