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Tome deuxième.
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ELOGE DE M. THIIDAINE.

Ul6

M. Trudaine désirait depuis longtemps de trou-ver un canton où, sans gêner l’administration gé-nérale, il put faire un essai de ses principes, etopposer aux hommes qui les rejetaient, une preuvede fait qui, sans être plus concluante que lespreuves de raisonnement, serait du moins plus dif-ficile à combattre. Dans un voyage entrepris pourrétablir sa santé, il avait vu ce pays de Gex, alorshonoré par le séjour de M. de Voltaire, et devenul’objet de la curiosité des voyageurs éclairés quis’empressaient d’aller rendre hommage au génie.Ce petit pays, séparé de la France par une chaînedes Alpes, mais ayant une communication libre avecla Suisse, ne pouvait être assujetti à des droits deconsommation, sans employer une foule de prépo-sés, sans une dépense excessive. Les maux qui étaientla suite trop nécessaire de cette position, et qu’ilfallait peut-être attribuer à la situation du pays et àla forme des impôts, plutôt qu’aux hommes qui enparaissaient les auteurs; ces maux avaient souventfait couler les larmes du vieillard de Ferney; souventil les avait combattus par son éloquence, et soulagéspar ses bienfaits. Il n’eut pas de peine à se faire en-tendre au cœur de M. Trudaine; et cet administra-teur humain et éclairé profita d’un moment où lesprincipes du gouvernement paraissaient se rappro-cher des siens. Une contribution unique, imposéepar le pays même, remplaça cette foule d’impôtssous lesquels il gémissait; et le peuple, malheureu-sement trop peu nombreux que renferment cesmontagnes, vit naître, grâce à MM. de Voltaire et