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Tome deuxième.
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ÉLOGE DK M. TKll OAUNK.

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de soulager, le bien qu’il avait fait ne le consolaitpas de celui qu’il n’avait pu faire; le succès mêmede ses travaux dans les ponts et chaussées ne luidonnait point une joie pure : il avait trop longtempsdemandé en vain, que les possesseurs des terres em-ployées en grands chemins fussent dédommagésde leurs pertes, et il n’obtint cette justice que dansles dernières années de son administration.

Il voyait surtout avec douleur que ces travauxcoûtaient trop au peuple, et que le pauvre étaitforcé de donner gratuitement ses journées. M. Tru-daine aurait voulu que les grandes routes, payéesparles propriétaires quelles enrichissaient, eussentoffert des salaires au pauvre qui était sans travail,et qu’elles eussent été pour lui une ressource dansses maux, et non un atelier de servitude et de mi-sère. Il avait pu espérer un moment d’être témoinde cette heureuse révolution, qui était l’objet detous ses vœux; cette espérance trompée fut une deses dernières peines.

Il y avait longtemps que sa santé, affaiblie par letravail, ne lui laissait plus qu’une existence pénible,et qu’il soupirait après la retraite : il sentait qu’engardant ses places, il faisait au bien de son pays lesacrifice de son bonheur et de sa vie.

Il avait obtenu l’avantage de confier une partiedes objets de son département à M. de Fourqueux ,dont il avait épousé la fille. Ce n’était point parceque ce magistrat vertueux était son beau-père, queM. Trudaine l’avait choisi ; mais il s’était trouvé heu-reux d’avoir dans sa famille un citoyen éclairé et