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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. TRUDAINE.

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n’en point recevoir les appointements. On me de-mande si rarement de pareilles grâces, dit le roi, quepour la singularité , je ne veux pas vous refuser. 11n’y a rien jusqu’ici qui doive surprendre; mais cequi est moins commun , c’est que ce trait soit restéignoré, qu’aucun compilateur de flatteries périodi-ques n’en ait parlé, qu’aucun subalterne n’ait ima-giné de flatter M. Trudaine en le publiant. M. Tru-daine savait que le désintéressement est du nombrede ces vertus qui font d’autant moins de bruit qu’el-les sont plus sincères, et que les hommes qui s’enor-gueillissent de leur générosité, ou qui souffrentqu’on la loue avec éclat, avouent par là combienles sacrifices qu’elle a exigés d’eux leur ont été pé-nibles.

Dans une vie toute remplie par des devoirs, iln’avait pas négligé les sciences. Obligé de s’instruirepour être utile, le goût vif qu’il avait contracté pourelles ne l’abandonna jamais. Il renonça aux sciencesde calcul qui maîtrisent trop l’esprit, et qui exigentou tout le temps, ou toutes les forces de ceux quis’y livrent. Les sciences physiques furent pour luiun délassement. Il avait dans sa terre de Montignyun laboratoire où il s’occupait d’expériences. Admisdans l’Académie où il succéda à son père, aprèsavoir partagé sa place (car l’Académie, comme lapatrie, ne les avaient point séparés); associé auxcompagnies savantes de l’Europe, il sentait que, nepouvant justifier ses titres par des travaux suivis, ildevait contribuer du moins aux progrès des sciencesen les encourageant. Il proposa un prix sur la