ELOGE DE JU. DE H ALLEE.
*9 8
Haller suivit les progrès de l’accroissemeut et de lasolidité des os dans les animaux que renferment lesœufs : ensuite il examina les progrès de la formationdu calus dans les os des animaux adultes ; il crutavoir découvert, dans ces expériences, que les os nesont d’abord qu’une gelée peu consistante, maisdéjà organisée et fournie de vaisseaux d’abord insen-sibles à la vue, parce qu’ils sont transparents etremplis d’une liqueur non colorée. Cette gelée prendensuite une consistance plus solide ; les vaisseauxdeviennent visibles; elle s’ossifie enfin par le dépôtd’une matière terreuse qu’abandonne le sang desartères qui la traversent. Selon lui, le périoste necontribue en rien à l’ossification, parce que cettemembrane a une organisation toute différente decelle des os, et qu’il y a des os qui en sont privés ;que souvent des calus ou des productions osseusesrecouvrent le périoste; et qu’enfin dans l’animalnaissant, à l’instant où les os prennent leur consis-tance, ils n’ont aucune adhérence avec le périoste.
Ces idées de M. de Haller sont contraires à cellesde M. Duhamel, qui explique la formation des ospar l’ossification successive des laines du périoste. Ala vérité, quelques-unes des expériences de M. deHaller paraissent difficiles à expliquer, si on adoptel’opinion de M. Duhamel ; mais il n’est pas moinsdifficile d’expliquer, dans le système de M. de Haller,la formation des lames osseuses , et surtout les cou-ches alternativement rouges et blanches qu’on ob-serve dans les os des animaux nourris, tantôt avecleurs aliments ordinaires, tantôt avec ces aliments