ÉLOGE HE M. HE HALLER. 297
inspiré une pente secrète pour cette opinion du dé-veloppement des germes.
Il croyait que la production d’un animal, par desforces purement mécaniques, pouvait détruire unedes preuves du dogme de la Providence. Mais nesuffit-il pas à ceux qui cherchent dans la nature despreuves de ce dogme, que les phénomènes soientréglés par des lois certaines, quelles que soient ceslois ? La cristallisation d’un sel toujours assujetti àprendre une même forme, 11’est-elle pas un phéno-mène aussi admirable que la génération constantedes animaux? Enfin, les lois qui agissent sur la ma-tière étant également constantes, et les phénomènesqui en résultent offrant toujours la même régularité,quelque système qu’on emploie pour les expliquer,n’est-ce pas dans la sagesse ou dans la bonté qu’an-nonce l’ensemble de ces phénomènes, et non dans lanature des forces qui les produisent, qu’il faut cher-cher des preuves de l’existence d’un Être suprême ?
Il doit paraître d’autant plus singulier que M. deHaller ait pu croire la religion ou la morale inté-ressée dans les opinions des philosophes sur la for-mation des êtres organisés, qu’il avait combattu,dans ses dissertations sur les monstres, les mêmesraisonnements métaphysiques qu’il a employés de-puis en faveur du développement des germes ; etqu’il avait éprouvé lui-même, comme nous le dironsbientôt, que le repos d’un physicien peut êtretroublé par ces inculpations qu’on se permet souventavec tant de légèreté.
Dans les expériences sur l’ossification , M. de