3oa éloge de m. de iialleu.
times de ses recherches se montre souvent clans lecompte qu’il en rend. On voit que, poussé par unesorte de remords, il ne manque aucune occasiond’insister sur l’utilité que le genre humain peut re-tirer de ces expériences; on voit même qu’il eûtvoulu croire que ces animaux ne souffraient point,et qu’il eût désiré n’être pas obligé de renoncer àl’opinion de Descartes. Il pensait que le désir deconnaître une vérité stérile, ou l’amour de la gloire,ne pouvait donner le droit de faire périr dans lestourments des êtres sensibles; et que s’il y a peut-être de l’orgueil à les croire formés pour nos besoins,il est absurde et cruel à la fois d’imaginer qu’ilssont destinés à être le jouet de notre curiosité oude notre vanité.
Ces découvertes sur l’irritabilité furent pour M. deHaller l’occasion d’un chagrin très-vif. Lamétrie fitde cette propriété de la matière animée le fondementd’un système de matérialisme; et il trouva plaisantde dédier son livre à M. de Haller, et de dire quec’était à lui qu’il devait la connaissance des grandesvérités que ce livre contenait. M. de Haller étaitsincèrement attaché, dès l’enfance, à sa religion; ilregarda comme une insulte grave cette plaisanteriede Lamétrie, et vit avec horreur qu’on le dénonçaità l’Europe comme un fauteur du matérialisme, oudu moins comme l’inventeur des principes qui yservaient de base. Le respect qu’il avait témoignéconstamment pour le christianisme dans tous sesouvrages, sa vie si conforme aux préceptes de l’é-vangile, ne le rassurèrent point contre cette accusa-