ÉLOGE DE M. DK HALLE».
3.4
extraordinaires. Il semble sentir que la vie est peude chose pour lui, qu’elle est beaucoup pour sesmaîtres, et qu’ainsi c’est à eux de s’occuper de saconservation. On trouve des tribunaux de cette es-pèce dans presque tous les pays où ceux qui gou-vernent n’étant séparés du peuple que par quelquesdegrés, peuvent craindre de partager ses maux etses dangers; et ces établissements y sont d’autantplus nécessaires, que, sans un tribunal d’hommeséclairés, la peur ferait proscrire des nouveautésutiles, ou consacrerait des préjugés dangereux, etsouvent inspirerait des précautions ou tyranniquesou ridicules, presque toujours plus dangereusesque le mal qu’on voudrait déraciner.
Il est inutile, sans doute, d’observer qu’il ne s’a-git pas ici d’un tribunal uniquement composé demédecins; car les médecins peuvent avoir aussi despréjugés ou un intérêt différent des intérêts dupeuple ; mais nous parlons d’un tribunal de magis-trats éclairés sur la médecine, et doués d’une phi-losophie qui les élève au-dessus, même des préjugésdes savants. On sent quelle influence M. de Hallerdevait avoir dans un conseil de santé. Il employal’autorité qu’il avait dans ce conseil à faire uneguerre assez vive à ces hommes connus en Suissesous le nom de meiges, qui surprennent la con-fiance du peuple, et à qui ils paraissent d’autantplus habiles, qu’ils se vantent de n’avoir rien ap-pris ; que leurs raisonnements, fondés sur des idéesanalogues aux idées populaires, semblent plus clairset plus frappants à la multitude; qu’ils mêlent près-