Band 
Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. MA.LOI! IN.

3 >. ?.

devint l’ami. M. Malouin eut plusieurs autres obli-gations à ce philosophe célèbre; et il se plaisait àpublier quelle noblesse, quelle simplicité M. de Fon-tenelle savait mettre dans les services qu’il rendait,souvent sans attendre qu’on les sollicitât. Il sortaitpour les autres de cette négligence, de cette paressequ’il se croyait permis d’avoir pour ses propres in-térêts. Son amitié était vraie et même active : aucungenre de sensibilité ne lui était étranger; il en con-naissait surtout les peines, et il avoua àM. Malouinquelles étaient les plus cruelles qu’il eût éprouvées,quoique les injustices qu’il avait si longtemps es-suyées dans la carrière des lettres, eussent fait sentirbien vivement les peines de l’amour-propre à unhomme qui aurait été moins philosophe ou pluspersonnel. Il savait, disait avec plaisir M. Malouin,obliger ses amis à leur insu, et leur laisser croirequ’ils ne devaient qu’à eux-mêmes ce qu’ils tenaientde son crédit et de la juste considération qu’il avaitobtenue. Ce désir d’obliger ne l’abandonna pas dansles dernières années de sa vie, et survécut même àl’affaiblissement de sa mémoire et de ses organes.Un de ses amis lui parlait un jour d’une affaire qu’illui avait recommandée : .Jevous demande pardon, luidit M. de Fontenelle, de ri avoir pas fait ce que jevous ai promis. Fous l’avez fait, répondit son ami ;vous avez réussi, et je viens vous remercier. Eh bien !dit M. de Fontenelle, je n’ai point oublié votre af-faire; mais j’avais oublié que je l’eusse faite. Cepen-dant on a cru M. de Fontenelle insensible, parceque, sachant maîtriser les mouvements de son âme,