Band 
Tome deuxième.
Seite
323
JPEG-Download
 

ÉLOGE DE M. MALOUIN'.

‘5l3

il se conduisait d’après son esprit, toujours juste ettoujours sage. D’ailleurs, il avaitconsenti sans peineà conserver cette réputation d’insensibilité ; il avaitsouffert les plaisanteries de ses sociétés sur sa froi-deur, sans chercher à les détromper, parce que,bien sûr que ses vrais amis n’en seraient pas ladupe, il voyait dans cette réputation un moyen com-mode de se délivrer des indifférents sans blesserleur amour-propre.

Le public nous pardonnera de nous être un peuétendus sur la tendre reconnaissance de M. Malouinpour M. de Fontenelle, reconnaissance que plusieursde nos confrères partageaient avec lui. Nous avonscru devoir rendre témoignage aux vertus d’un sagedont l’envie n’a point respecté les cendres , parceque, uniquement occupée de l’intérêt de blesser lesvivants, elle se plaît également, selon que cet inté-rêt l’exige, à déchirer les morts ou à les accablerde louanges exagérées. L’Académie nous pardonneraplus volontiers encore cette courte digression surun philosophe illustre, dont la mémoire lui es*chère, qui a été si longtemps le digne organe decette compagnie, et qu’elle a lieu maintenant de re-gretter plus que jamais.

M. Malouin trouvait, parmi les savants et les gensde lettres, des malades souvent peu disposés à croireà la certitude de la médecine, et peu de médecins enont été aussi persuadés que lui. Son enthousiasmeexcessif pour son art, qui eût paru un ridicule dansun médecin ignorant, devenait une singularité pi-quante dans un médecin éclairé. La Iranchise, vertu

21.