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qu’il portait au plus haut degré, ne lui permettaitpas de rien dissimuler de cet enthousiasme. Unphilosophe célèbre s’est trouvé guéri d’une maladiesingulière, après avoir pris assidûment pendantquatre ans un remède ordonné par M. Malouin; ilvint le remercier : Vous êtes digne déire malade, luidit M. Malouin. U ne pouvait 'pardonner à ceux qui,ayant été guéris par des médecins, continuaient àfaire des plaisanteries sur la médecine : cette con-duite lui paraissait une véritable ingratitude; et ilrompit avec un grand écrivain, qu’il avait traitéavec succès, et qui depuis, dans ses ouvrages, avaitattaqué la médecine et surtout les médecins.
Mais le désir d’être utile l’emportait en lui surson humeur contre les détracteurs de la sciencequ’il professait. Dans une dispute assez vive qu’ilavait eue avec l’un d’eux, il avait répondu sérieuse-ment, et même avec amertume, à quelques-unes deces plaisanteries sur la médecine qui ne prouventpas toujours l’incrédulité de ceux qui les font. Ceprétendu incrédule tomba malade quelque tempsaprès; M. Malouin vint le trouver : Je sais que vousêtes malade, lui dit-il, et qu’on vous traite mal; jesuis venu : je vous hais, je vous guérirai , et je nevous verraiplus . Il tint parole sur tous les points.
U regardait la confiance dans les médecins commeune preuve de la justesse et de la supériorité de l’es-prit; et l’on était étonné quelquefois de l’entendreajouter aux justes éloges qu’il donnait à MM. deFontenelle et de Voltaire, que dans leurs écrits cesdeux hommes illustres avaient constamment res-