Band 
Tome deuxième.
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ELOGE DE M. MALOUIJN.

il]

qu’au milieu de ces révolutions, qui ont changévingt fois la physique systématique et rangé succes-sivement les philosophes sous vingt drapeaux diffé-rents , la doctrine d’Hippocrate subsistait encoreentière sur les ruines de tant de systèmes ; que sion en excepte les ouvrages des géomètres, des as-tronomes grecs, et le livre des animaux d’Aristote,Hippocrate est presque le seul des anciens où l’onpuisse trouver des vérités; qu’enfin, comme lesmathématiques et l’histoire naturelle ont fait plusde progrès réels que la médecine, les livres d’Hip-pocrate sont les seuls livres de l’antiquité où les mo-dernes puissent apprendre quelque chose, et quemême, tandis que les autres ouvrages ne sont pluspour nous que des monuments de l’histoire de l’es-prit humain, ceux d’Hippocrate sont encore unesource inépuisable d’instruction. D’après cette con-sidération , qui était le plus fort argument que M. Ma-louin employât pour prouver la certitude de la mé-decine, il crut que, pour en accélérer les progrèset la rendre plus certaine, il fallait suivre la méthoded’Hippocrate, multiplier les observations, rappro-cher des symptômes des maladies toutes les circons-tances qui peuvent influer sur la santé des hommes,l’air, ses variations, sa température, l’humidité, laposition des lieux, la nourriture, la manière de vivrede chaque pays et de chaque état de la société.M. Malouin, fixé à Paris, exécuta pour cette capitaleet ses environs, ce plan qu’il serait à désirer quel’on embrassât pour tous les lieux qui peuvent four-nir des observateurs, et il continua son travail pen-