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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. DE JUSSIEU. 36 1

inconnues : la difficulté de tirer des secours de l’Eu-rope n’était pas un obstacle pour lui ; il était méde-cin, et un médecin français était regardé dans cespays à peu près comme dans l’ancienne Grèce onregardait cette famille des rois de Carie, longtempsdépositaire presque unique des secrets de la méde-cine, et à laquelle un peuple enthousiaste dans sareconnaissance avait supposé une origine céleste.L’admiration pour M. de Jussieu eut une manièrede s’exprimer bien différente de celle des anciensGrecs : il reçut une défense absolue de sortir jusqu’àla fin d’une maladie épidémique dans laquelle onavait eu besoin de son secours; on décerna despeines contre quiconque favoriserait son évasion ;on promit une récompense à celui qui l’arrêteraits’il passait la frontière. Ces précautions honorableset tyranniques étaient bien inutiles : on eût pu s’enreposer sur son zèle pour l’humanité. Si cette partiedu voyage de M. de Jussieu a été perdue pour la bo-tanique, elle servira au moins à l’histoire de la mé-decine; on a trouvé dans ses papiers des détailsintéressants sur la marche de la petite-vérole auPérou, sur les maladies épidémiques de ce pays, surune maladie singulière qui suivit une éruption duCotopaxi, et à laquelle on donna le nom de cevolcan.

Retenu, et par les fonctions de médecin, et parplusieurs maladies violentes auxquelles il ne putéchapper, M. de Jussieu ne commença ses nouveauxvoyages qu’en 1747; c’est alors qu’il parcourut plu-sieurs pays sauvages et inhabités. Il fallait traverser