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Tome deuxième.
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ELOGE DE M. DE JUSSIEU.

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des lacs immenses sur de petits bateaux de jonc,passer des torrents sur des ponts de corde de centpieds de long; ailleurs, de longues pièces de bois,appuyées sur les bords de la rivière, et sur des ro-chers placés au milieu et beaucoup plus bas queles rives, composaient un pont formé de deux plansinclinés très-rapides; d’autres fois, le pont était faitde bateaux déjoue, recouverts par des fascines, etsupportés par des câbles du même jonc, étendusd’un bord du torrent à l’autre. M. de Jussieu nous alaissé des dessins de ces ponts, monuments hardisde l’industrie d’un peuple ingénieux et sauvage.

Il fut obligé de gravir sur des rochers qui serventde retraite au reste des anciens habitants du pays, àqui on donne le nom de rebelles, parce qu’ils dé-fendent leur indépendance naturelle, et qu’ils traitenten ennemis les Européens et leurs esclaves; mais ilsrespectèrent M. de Jussieu, comme s’ils eussentsenti que, ministre de paix et de lumière, occupéde chercher des remèdes à des maux communs àtous les hommes, il était le compatriote et l’ami detous les peuples.

Il parcourut des déserts où la rigueur du froid adétruit toute végétation; réduit à vivre de biscuit etde fromage sec; abandonné et dépouillé par ses do-mestiques, peut-être ne dut-il la vie qu’à l’indul-gence excessive avec laquelle on traite les voleursau Pérou; ils auraient eu tout à risquer et peu àgagner, en se débarrassant, par un crime de plus,d’un dénonciateur et d’un témoin: enfin, seul aumilieu de ces déserts, il perd subitement la vue : cet