ÉLOGE DE M. LF. COMTE d’aRCL 3^^
changer à ses droits; non-seulement M. le chevalierd’Arci continua de le regarder comme le fils et l’hé-ritier de son souverain, mais il conserva le mêmeattachement pour la personne du prince Edouard. Ildéfendait les vertu» ou les talents qu’il avait cru voiren lui, avec le même zèle qu’il avait défendu sesdroits à la couronne d’Angleterre : il avait été prêtà répandre son sang pour le replacer sur le trône deses ancêtres; il eût soutenu, aux mêmes risques,qu’il était digne d’y remonter. Enfin, lorsque laFrance eut refusé un asile à un descendant deHenri IV, lorsque Rome eut abandonné la caused’un prince dont l’aïeul avait perdu trois couronnespar son zèle pour la religion catholique ; lorsque lavoix publique jugeait avec tant de sévérité un princemalheureux, dont l’âme n’avait pu résister à une silongue suite de revers, M. d’Arci ne fut point ébranlé.
Ea maison des Stuarts semble n’avoir été montréeau monde que pour donner aux rois une leçon dumalheur et des dangers attachés à la puissance sou-veraine ; elle seule, parmi tant de familles détrônées,a vu, dans l’espace de soixante ans, deux têtes cou-ronnées tomber sous la hache des bourreaux, pardes assassinats revêtus des formes de la justice. Maisaucune famille aussi n’a conservé plus longtemps,après sa chute, des partisans si zélés. Il est impos-sible, cependant, d’attribuer ce zèle ni à l’attache-ment pour la religion catholique, qui avait été leprétexte ou la cause des malheurs de Jacques II,puisque des protestants de toutes les sectes ont par-tagé ce sentiment; ni à des vues ambitieuses, puis-