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Tome deuxième.
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388 ÉLOGE DE M. LE COMTE d’aRCI.

tions, où elle coûte plus qu’elle ne donne, et où tousles hommes qui ne sont dominés ni par l’ambition,ni parla passion de l’étude, sentent le besoin d’unesociété intime et domestique. En épousant sa nièce,

M. d’Arci espérait assurer leur bonheur mutuel ; lemariage avait resserré des liens déjà chers à tousdeux ; l’habitude de se voir et de s’aimer avait faitdisparaître la distance qu’aurait pu mettre entre euxl’inégalité des âges ; l’autorité d’un mari perdant cequ’elle a d’imposant entre les mains d’un étranger,et douce comme l’autorité d’un père, ne devait plusparaître un joug, mais un appui; enfin, dès les pre-miers moments de leur union, ils pouvaient se flatterd’éprouver le bonheur de cette confiance intime, decette amitié pure et inaltérable qui, dans les unionsordinaires, ne peut être que le fruit d’une tendresseconstante, et qui en est la plus douce récompense.Cette union, qui aurait dû être si heureuse dura peu ;M. d’Arci mourut, d’un choiera - morbus, le 18 oc-tobre 1779, n’ayant vécu avec sa femme qu’assez detemps pour qu’elle apprît à sentir toute l’étenduede la perte qu’elle a faite.

M. d’Arci avait des amis dans le monde, parmi les «militaires, dans l’Académie; s’il avait eu un caractèreliant et facile, on en conclurait seulement qu’il étaitaimable, et non qu’il fût digne d’être aimé; mais, avecun caractère ferme, indépendant et facile à s’irriter,il ne put avoir des amis que parce qu’il sentait leprix de l’amitié, qu’il en connaissait les devoirs, etqu’il savait la mériter.

Les Irlandais qui venaient chercher un asile en