ÉLOGE DE M. LE COMTE d’aRCI. 38g
France trouvaient dans M. d’Arci un protecteur, ouplutôt un ami. Il partageait avec eux sa fortune, s’oc-cupait de leurs intérêts, suivait leurs affaires avecchaleur, employait pour eux le poids que lui don-naient sa réputation et le crédit de ses amis. Il con-solait ou servait l’infortune, défendait ou appuyaitle talent, et ne protégeait ni l’avidité ni l’intrigue,malheur où tombent si souvent ceux qui obligent,moins par bienfaisance que par vanité ou par fai-blesse.
On remarquait en lui un penchant pour les An-glais , qui semblait contraster avec l’ardeur qu’ilavait montrée contre l’Angleterre; c’est que la diffé-rence des gouvernements ne forme pas la différencedes nations. Une même langue, la ressemblance desmoeurs et des opinions politiques, les mêmes goûts,le même amour de la liberté, font un seul peupledes Irlandais et des Anglais. En plaignant sa nationopprimée par l’Angleterre, en détestant la domina-tion des Anglais,M. d’Arci aimait la nation anglaise,était fier de ses succès dans tous les genres, mêmede ses succès militaires, quoiqu’il les vît avec dou-leur. Les grands hommes, les savants d’Angleterreétaient ses compatriotes; la constitution anglaiseétait celle sous laquelle il eût préféré de vivre ; leprince seul était étranger pour lui. Ainsi, M. d’Arciréunissait, comme plusieurs de ses compatriotes,deux passions qui paraissent contradictoires, et quine sont que deux modifications d’un même senti-ment , l’amour de sa patrie et des lois de son pays,avec la haine de son gouvernement.