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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE AI. L1EUTAUD. 3g5

de faire des romans, et que, depuis, l’amitié d’ungrand roi a rendu célèbre.

M. Lieutaud composa pour ses élèves une expo-sition anatomique, dont la première édition méritales éloges de Winslow, qui cependant y était criti-qué : cet ouvrage, perfectionné depuis, a été re-gardé comme un livre classique par de savants pro-fesseurs. L’auteur supprima dans la dernière éditiontoutes les théories hypothétiques, qu’un reste d’es-prit professorial (ce sont ses termes) avait laisséesdans les précédentes. Peut-être, en effet, en coûte-t-il plus encore d’avouer publiquement son ignorancedevant ses élèves que de la laisser voir à ses lecteurs;d’ailleurs, un professeur qui se permet d’avancerses opinions dans une leçon, devant des jeunes gensaccoutumés à respecter en lui la supériorité d’unmaître, doit être plus timide lorsqu’il s’agit de con-sacrer ces mêmes opinions, d’une manière durable,dans des livres qui doivent avoir pour lecteurs seségaux et ses juges. Ainsi, le goût des hypothèses secontracte dans les écoles, et il est plus difficile à unprofesseur qu’à un écrivain de l’éviter ou de s’en dé-faire. On a cru même, pendant longtemps, que ceshypothèses étaient utiles pour exercer la jeunesse,comme si l’art de faire valoir des chimères, ou d’enimposer aux ignorants, devait faire partie de l’édu-cation : il faut convenir cependant qu’un médecinqui proscrirait toute explication vague, tout rai-sonnement fondé sur des hypothèses, étonneraitbien ses malades, et leur paraîtrait bien sec et bienpeu consolant.