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Tome deuxième.
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3^ ÉLOGE DE M. L1EUTAUD.

M. Lieutaud employait une partie de la préfacede son ouvrage à prouver qu’un médecin doit êtreanatomiste : son exemple avait confirmé cette maxime;et c’était par une étude approfondie de l’anatomiequ’il s’était préparé à la pratique de la médecine.L’opinion contraire est pourtant assez répandue, etil est peut-être inutile de la combattre; en effet,elle n’est pas fondée sur des observations particu-lières aux deux sciences qu’on voudrait séparer;elle a précisément la même origine que le préjugéqui fait regarder la chimie théorique comme inutileaux arts, et les mathématiques comme superfluesdans la mécanique pratique, dans la science de lamarine, dans l’art de la guerre. Ces préjugés sontsoutenus avec chaleur par les praticiens ignorants,parce qu’il en coûte moins pour décrier une scienceque pour l’approfondir; ils sont utiles aux charla-tans, parce qu’il est plus aisé d’en imposer sur sonhabileté que sur ses connaissances; ils leur serventpour écarter d’eux, comme juges incompétents, lesseuls hommes qui pourraient les apprécier et lesdémasquer. Un intérêt plus caché séduit le publicen faveur de ces mêmes préjugés; les hommes sontmoins blessés d’une supériorité qui se borne à unseul objet, qui n’est due qu’à un certain tact natu-rel, ou à une longue expérience, que de celle quiles forcerait à reconnaître une supériorité réelled’esprit et de raison. On aime à se consoler de nepas être savant, en se persuadant que les sciencessont inutiles, et on se livre volontiers à l’enthou-siasme pour des qualités qu’on peut regarder comme