ÉLOGE DE M. LIKUTAUD.
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l’ouvrage du hasard, principalement lorsque l’igno-rance et la médiocrité de celui qui est l’objet de cetenthousiasme le replacent, sur tout le reste, au ni-veau ou au-dessous de ses admirateurs.
Il est difficile qu’un traité complet de quelquescience que ce soit n’ait pas quelques endroits faibles,parce qu’il est au-dessus des forces d’un hommed’approfondir également toutes les parties, mêmed’une seule science. Cette difficulté était d’autantplus grande pour M. Lieutaud, qu’il n’aimait pointà se servir des lumières d’autrui, et qu’il ne vou-lait parler que de ce qu’il avait vu ; lui-même avaitsenti ce qui pouvait manquer à son ouvrage, il lecorrigeait à chaque édition, plus frappé de la craintede laisser ses lecteurs exposés à partager les erreursqu’il avait pu commettre, que de celle de rendre lapremière édition inutile. Enfin, dans ses dernièresannées, se défiant lui-même de ses forces, il aban-donna le soin de son ouvrage à un de ses amis,son confrère dans cette Académie; et c’est non-seu-lement avec les additions de l’auteur, mais avec lesremarques du savant éditeur (i), qu’il a paru dansla dernière édition. L’ouvrage de M. Lieutaud a unautre mérite, bien précieux aux yeux des anato-mistes, celui de renfermer des détails sur la manièrede disséquer chaque partie: autrement, un livred’anatomie dit bien ce que doivent être les objets,mais il n’apprend ^À>int à les voir, à juger par sesyeux de l’exactitude des descriptions, à voir mieux
fii M. Portai.