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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. BUCQUET. 4^7

des animaux asphyxiés avaient été rappelés à la viepar l’alcali volatil. Agissait-il comme stimulant oucomme alcali? Était-ce un effet organique ou uneffet chimique qu’il produisait? C’est ce que M. Buc-quet crut devoir examiner par une suite d’expérien-ces, et il en résulte que, dans cette circonstance, l’al-cali n’agit que comme stimulant, puisque la vapeurdu vinaigre, la vapeur plus pénétrante du soufre etsurtout l’eau froide appliquée à l’extérieur, sont pourle moins aussi efficaces que l’alcali volatil, et cepen-dant ne neutralisent certainement point l’air gazeux.

Ainsi, l’application de la chimie à la médecineétait encore un des grands objets que M. Bucquetsuivait avec ardeur; car il avait formé des plans as-sez vastes pour remplir la vie de plusieurs savants:son activité l’empêchait de sentir combien le tempsest court, même pour ceux qui l’emploient le mieux,et surtout de s’apercevoir que ses forces ne lui per-mettaient ni de faire de grands efforts, ni de se flatterde l’espérance d’une longue carrière. C’est sans douteà cause de l’étendue même de ses projets, que nousne trouvons point dans les ouvrages de M. Bucquetautant de choses neuves qu’on aurait dû en attendrede tant de sagacité et de tant d’ardeur : c’était contrelés grandes difficultés qu’il aimait à lutter; c’étaitvers des vérités générales et importantes, vers degrandes théories qu’il avait dirigé ses efforts; et si,dans les sciences d’observation, le génie seul dé-couvre des vérités isolées, il lui faut le secours dutemps pour trouver et développer des systèmes en-tiers de vérités nouvelles.