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Tome deuxième.
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ÉLOGE UE M. BUCQUET. 4^'

des jours où son esprit ne pourrait penser, où soncœur aurait perdu ses affections, méritassent d’êtreprolongés. Les calmants apaisaient ses douleurs, luirendaient des forces, et, en lui donnant la libertéde s’occuper encore, lui ôtaient l’idée déchirante detout ce qu’il allait perdre et de tout ce qu’il allaitlaisser; il abusa de ce secours, si c’était en abuserque de l’employer à diminuer ses peines et à con-server plus entières les facultés de son âme. On luivit prendre,- dans un seul jour, deux pintes d’étheret cent grains d’opium : c’est ainsi qu’il passa lesderniers mois desavie, ne songeant point à prolongerson existence, mais occupé de se rendre capabled’application tant qu’il existerait. La dernière foisqu’il parut à l’Académie, ce fut pour y lire un mé-moire : les phénomènes singuliers que présente l’air in-flammable attiraient dans ce moment l’attention desphysiciens, et sentant trop qu’il lui fallait renoncerau plaisir de jouir de leurs découvertes, et à la gloirede les partager, il voulut du moins exposer à l’Aca-démie ses vues sur la différence qu’on observe entrel’air inflammable des métaux et celui des marais, etproposer' un moyen qu’il avait imaginé pour réduirel’air inflammable des marais au même degré de puretéque celui qui se dégage des substances métalliques.Il y a un an que, dans une assemblée publique, sem-blable à celle où je rends aujourd’hui ce triste de-voir à sa mémoire, nous l’entendîmes prononcer,d’une voix mourante, cette dernière production'd’un esprit à qui l’approche de la mort n’avait en-core rien ôté de sa vigueur, et nous donner ce der-