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Tome deuxième.
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43û ÉLOGE DF M. BUCQUET.

et le plus sûr; et pour un époux, pour un père quin’a qu’un faible patrimoine, le soin d’augmenter safortune devient, en quelque sorte, un de ses devoirs.

Malheureusement la santé de M. Bucquet s’altérabientôt : l’intérêt de sa famille ne lui permettait derenoncer ni à ses cours ni à la pratique; l’étude dessciences, les travaux de son laboratoire étaient né-cessaires à son bonheur; il ne voulait pas même re-noncer au cours de chimie de la faculté de médecine;engagé dans les discussions qui troublaient alorscette compagnie, il craignait d’être accusé de man-quer de zèle pour l’intérêt de son corps; il pensaitque, pour éviter ou confondre ces reproches, il fal-lait remplir le devoir que la faculté lui avait imposé,quelque cher qu’il pût lui en coûter; et il ne crut pastrop faire en sacrifiant le reste de ses forces et de savie à l’espérance de regagner, par cet acte de dé-vouement et de zèle, la confiance et l’amitié de sesconfrères.

Tant que M. Bucquet avait conservé son activitéau milieu de ses souffrances et d’un dépérissementrapide, qui effraya ses amis longtemps avant lui;tant qu’il put croire qu’il avait conservé ses forces,il lui resta quelques espérances; mais l’abattementoù il tomba, quelques mois avant sa mort, les luiôta toutes : alors il sentit qu’il lui fallait bientôt re-noncer aux projets qui avaient occupé sa vie, et seséparer de ce qu’il avait aimé ; mais il voulut remplirencore des mêmes occupations et des mêmes senti-ments le temps qui lui restait à vivre, préférant lamort à une vie languissante, et ne croyant point que