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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE M. BKRTIN.

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pondit-il, qn’il est vendredi , et qu’il n’est qu’onzeheures! et il ne se trompait pas. Ce phénomènen’est extraordinaire que par la suite d’idées qu’ilsemble indiquer; on a vu souvent des malades àl’agonie conserver, au milieu des léthargies les plusprofondes, la faculté de voir et d’entendre, et cetteobservation bien constatée impose à ceux qui en-tourent un mourant le devoir de veiller rigoureuse-ment sur leurs discours, sur leurs gestes même, etde songer combien un mot qu’on croit que le mou-rant ne peut entendre, un mouvement qu’on croitqu’il ne peut apercevoir, peuvent quelquefois accé-lérer ou empoisonner ses derniers instants.

Tandis que M. Bertin était plongé dans cette lé-thargie, son âme était en proie aux plus horriblesagitations : né avec une conscience très-timorée, ilveillait avec sévérité et avec scrupule sur lui-même,et cherchait, quels que fussent les objets qu’il étaitobligé de décrire, ou les phénomènes qu’il fallaitexposer dans ses leçons, à ne point donner atteinteà cette pureté d’imagination qu’on prétend que cer-tains casuistes ont su conserver dans des circons-tances non moins difficiles; néanmoins, pendant saléthargie, son imagination se remplissait sans cessede ces mêmes images qu’il n’avait plus la force derepousser; il se consumait en vains efforts pour leséloigner de lui, et c’était au milieu de ce combatpénible qu’il se réveillait : mais alors son âme affai-blie se reprochait ses songes comme des crimes; ilcroyait qu’ils devaient le rendre l’objet de l’horreuret du mépris de tous ceux qu’il aimait ou qu’il res-