448 ÉLOGE UE M. BERTIN.
plus occupés de profiter de ses malheurs que dechercher à les réparer; et c’est une de ces circons-tances de la vie humaine, plus commune qu’on necroit, où la grandeur et la puissance ne sont qu’unmalheur de plus. Le premier mémoire que M. Bertinait donné après sa maladie, a pour objet la circula-tion du sang dans le foie du fœtus : il continua cetravail dans deux autres mémoires ; et peut-être au-cun de ses ouvrages ne renferme de preuves moinséquivoques d’un véritable talent. Le sang destiné aufœtus passe du placenta dans la veine ombilicale;cette veine fournit d’abord au foie plusieurs ra-meaux , et ces rameaux sont les seules veines qui, àcette époque , circulent dans le lobe gauche et dansune partie du lobe droit de ce viscère : ensuite, aprèsun trajet assez court, la veine ombilicale se partageen deux grosses branches; l’une est terminée parun canal plus étroit qu’on nomme le canal veineux,et qui, s’abouchant avec le tronc ou avec quelques-unes des branches de la veine-cave, porte au cœurune partie du sang que le fœtus reçoit du placenta.La seconde branche de la veine ombilicale s’unit àla veine-porte, et forme avec elle une espèce deconfluent, qui se partage ensuite en différentes bran-ches; et c’est de là que partent les vaisseaux quinourrissent le reste du lobe droit du foie. De cesdifférentes branches, les unes, après plusieurs subdi-visions, s’unissent avec les branches de la veine-cave, nommées veines hépatiques , par des anasto-moses sensibles, dont l’existence, méconnue ou niéepar la plupart des anatomistes, a été constatée par