ÉLOGE DE M. BERTIN.
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souvenir de ce malheur n’affaiblît l’estime qu’ilcroyait mériter, pourrait-on lui reprocher une déli-catesse trop grande? Il sentait toujours, pour ainsidire, le besoin qu’il avait de prouver qu’il était rede-venu ce qu’il avait été. On voit qu’il cherchait moinsà se faire valoir qu’à se justifier d’un soupçon qu’ilcraignait toujours de ne pouvoir détruire assez com-plètement; et plusieurs traits de ses ouvrages qui,dans un autre, auraient prouvé un amour-propretrop petit ou trop délicat, ne prouvaient chez luique le sentiment douloureux dont il ne pouvait sed élivrer.
Dans ses ouvrages, il se livre à une critique, sou-vent un peu sévère, de ceux des autres; mais cetteeritique est toujours dictée par l’impartialité et parl’amour du vrai. On voit que les grands noms ne luien imposaient point; il combat quelquefois Morga-gni en le respectant, et Haller en l’estimant. Il savaitsans doute que l’opinion publique ne plaçait pas sonnom à côté des leurs; mais il sentait qu’il était dignede les combattre, et il avait droit de croire que sansles malheurs qui avaient dérangé le cours de sa vie,s’il eût pu, comme eux, employer tout son temps ettoutes ses forces, il eût mérité d’être leur rival.
M. Bertin avait formé le plan d’un cours completd’anatomie. Sa maladie en interrompit l’exécution;mais il reprit son travail lorsqu’il eut recouvré sesforces; et dès 1754, il publia l’ostéologie, qui devaiten former la première partie. Cet ouvrage est regardécomme un des meilleurs traités d’anatomie, parl’ordre qui y règne, par la précision et l’exactitude