K LOGE DE M. BERTIN.
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franc et ouvert ; mais ces qualités étaient quelquefoisternies par une défiance inquiète, qui n’avait pourprincipe que cette fatale disposition à tout craindre,première cause de tous ses malheurs. Avec des talentsqui attirent la considération, avec cet amour de l’é-tude qui empêche de sentir le poids du temps, eten remplit l’espace de plaisirs que l’habitude n’é-niousse jamais, il ne fut point heureux. Les qualitésde son âme, la franchise et l’égalité naturelle de soncaractère, ses vertus même ne contribuèrent ni àson bonheur, ni à celui de ceux qui l’entouraient,et il ne put mériter que d’être plaint et estimé.
M. Bertin fut attaqué d’une fluxion de poitrine le11 février 1781; le quatrième jour de sa maladie, ilse fit saigner, et lorsqu’il eut examiné son sang, ilprononça qu’il était sans ressource; dès lors il nesongea plus qu’à se préparer à la mort. Il avait tou-jours eu une vraie piété ; et même dans sa jeunesse,dans le temps où sa passion pour l’étude était danstoute son activité, dans l’âge où l’on a le plus le sen-timent de ses forces, où l’on est le plus sùr d’obtenirde la gloire, où l’on est si tenté de la confondreavec le bonheur, il fut près de renoncer à tout pourembrasser la vocation religieuse; mais, heureuse-ment pour les sciences, il sentit que si le ciel a mar-qué dans le cloître la place de ceux auxquels il n’adonné que de la piété, il soumet à d’autres devoirsceux qui ont reçu à la fois de la piété et des talents.Le reste de sa vie ne se démentit point, et sa mortfut semblable à sa vie; il répondit avec la plusgrande résignation aux prières «les agonisants; mais,