458 ÉLOGE DE M. DE COURTANV/VUX.
suivante, il servit à la tête du régiment royal, dont ilavait été nommé colonel en 1740, pendant les cam-pagnes de Bohême et de Bavière. En 1745, sa santél’obligea de quitter le service: il avait bravé sanspeine une mort glorieuse; mais il ne crut pas devoirà sa patrie le sacrifice inutile et obscur des restesd’uue vie que les fatigues auraient bientôt con-sumée.
Cependant, au bout de quelques années, le reposrétablit ses forces ; mais alors il eut un ennemi ter-rible à combattre : le désœuvrement avec l’ennuiqu’il traîne à suite, et qui en est, pour ainsi dire,la punition. Né avec le goût de la simplicité et del’indépendance, il ne trouvait dans la société que dela gêne; les plaisirs de vanité, attachés à une grandefortune, n’étaient rien pour lui; et les plaisirs réelsne peuvent suffire au bonheur que dans les pre-mières années de la jeunesse. Plus ils ont été vifs,plus le vide qu’ils laissent, lorsque l’habitude a flétrileurs premiers charmes et dissipé leurs illusions, de-vient difficile à remplir. L’homme occupé, qui lesregarde comme un délassement, peut leur devoirdes instants heureux ; mais ils ne sont qu’un obs-tacle de plus au bonheur de l’homme qui croirait,en s’y livrant tout entier, y trouver une véritableressource. Il paraissait n’en devoir rester aucune àM. de Courtanvaux, dont l’éducation avait été très-négligée. Heureusement un goût naturel pour lessciences le sauva ; elles devinrent bientôt son uniqueoccupation. Comme il ne s’y livra que pour éviterl’oisiveté, il les traita trop peut-être comme un simple