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Tome deuxième.
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ÉLOGE DE JVI. DE COURTANVAUX. 4 $7

Le chancelier le Tellier, trisaïeul de M. de Cour-tanvaux, avait fondé la grandeur de sa famille, quele marquis de Louvois, son fils, accrut encore. Tousdeux ont montré une grande habileté dans les af-faires; mais la finesse dominait dans la politique dupère, et la fermeté dans la conduite du fils : tousdeux étaient infatigables dans le travail, simples etaustères dans leur vie privée. On leur a reprochéégalement de la dureté et l’amour du despotisme.Ils passaient pour inflexibles ; mais le chancelieravait été souple sous Mazarin, et Louvois ne pliaitpas même sous Louis XIY. L’un voilait son carac-tère sous les dehors de la modestie et par la pra-tique des vertus religieuses; l’autre se plaisait à ledéployer tout entier. La fortune que laissa Louvoisfut immense, et elle était formée tout entière parles dons répétés de Louis XIV. On eût été en droitd’exiger du ministre plus de modération ; mais sesennemis mêmes n’ont pu accuser son intégrité, etl’on ne croyait pas alors qu’il fût permis de porterle désintéressement jusqu’à refuser les bienfaits dusouverain. Enfin, la postérité, qui se rappelle avecterreur la sévérité qu’il montra dans l’exercice dudroit rigoureux de la guerre, et qui ne peut lecompter au nombre des ministres amis du peuple,n’attache point encore ses regards, sans quelque ad-miration, sur ce ministère illustré par trente annéesde victoires.

M. de Courtanvaux fit, en j 733, sa première cam-pagne, à l’âge de quinze ans, comme aide de campdu maréchal de Noailles, son oncle; et, dans la guerre