470 ÉLOGE DE M. DE MA.UREPAS.
rait les affaires avec lui, et assistait au travail. Suc-cessivement il fut chargé seul de quelques départe-ments; mais ce n’est qu’à l’année 1725, temps de lamort de son beau-père, qu’on doit marquer la véri-table époque de son ministère, qui embrassa dèslors plusieurs grandes provinces, Paris, la cour et lamarine : il n’avait que vingt-quatre ans.
Ce n’était plus le temps où, sous l’administrationde Seignelai, la marine française était la rivale decelle de l’Angleterre, et souvent sa rivale heureuse.Nous sommes parvenus, de nos jours, à une égalitéplus réelle et qui nous a coûté moins d’efforts : sansdoute cette prospérité sera durable, mais alors ellene put se soutenir. La France, affaiblie par ses vic-toires mêmes, avait été ensuite épuisée par de longsmalheurs : la marine fut sacrifiée à la nécessité dedéfendre nos frontières contre des armées accoutu-mées à vaincre sous des chefs habiles et heureux;et la bataille de Malaga, plutôt disputée que gagnée,en 1704, avait été le dernier effort des flottes fran-çaises.
A la mort de Louis XIV, le système politique chan-gea; les princes qui gouvernèrent après lui crurentdevoir chercher dans l’alliance de l’Angleterre et dela Hollande un appui contre Philippe V, qui s’étaitmontré leur ennemi, et qui pouvait devenir leur ri-val : le cardinal de Fleury eut la même conduite pard’autres principes; il faisait consister toute sa poli-tique à détruire chez les nations de l’Europe cettejalousie contre la France, que Louis XIV avait tropexcitée, et qui enfin lui coûta si cher; il sentait que