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Tome deuxième.
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ÉLOGlî DE M. DE M Ail REPAS. 47 1

la France, étant alors la seule grande puissance quieût à la fois des hommes et des trésors, elle devait,tant que l’or de l’Angleterre et de la Hollande neserait pas à la disposition de ses ennemis, ou conser-ver la paix, ou n’avoir que des guerres courtes etheureuses. D’ailleurs, si une économie sévère du tré-sor de la nation est toujours un devoir pour les rois,ce devoir était alors imposé par la nécessité commepar la justice : ces considérations déterminèrent lecardinal ministre à laisser la marine daus l’état defaiblesse où il l’avait trouvée. Il oublia trop que lemoyen le plus sûr pour une puissance de convaincreses voisins de sa modération, n’est pas de s’exposerà la faire prendre pour de la faiblesse, et que la vé-ritable économie consiste à se préserver, par desdépenses réglées, du danger d’être contraint à desdépenses extraordinaires et forcées.

M. de Maurepas, obligé de renoncer à l’honneurde rétablir la marine militaire, sut rendre son minis-tère brillant au milieu même de la paix, en faisantservir la marine aux progrès même des sciences, etles sciences aux progrès de la marine. Chargé del’administration des académies, il réunissait toutel’autorité nécessaire pour l’exécution de ses projets.

Cette partie de son histoire est celle qui nous in-téresse le plus, et qui peut-être lui assure la réputa-tion la plus durable. Il est peu d’événements poli-tiques dont le souvenir se conserve autant que celuid’une grande entreprise liée au système général del’univers, ou au progrès de l’esprit humain. On sesouvient de la bibliothèque des Ptolémées, bien plus