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Tome deuxième.
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47 2 ÉLOGE DE M. DE MAUREPAS.

que de leurs actions. La gloire et les malheurs durègne d’Alphonse sont dans l’oubli ; mais on con-serve la mémoire des tables alphonsines. Ulug-Beb,petit-fils du conquérant de l’Asie, n’est connu dansl’histoire que par ses observations astronomiques;et, malgré toute la puissance des califes, la mesured’un degré du méridien, faite par leurs ordres, est leseul monument qui reste de leur grandeur.

Ainsi, l’on comptera toujours au nombre des évé-nements qui ont illustré notre siècle, l’entreprise demesurer en même temps deux degrés du méridien,l’un sous l’équateur, l’autre près du pôle boréal denotre continent; opération qui était nécessaire pourconfirmer l’aplatissement de la terre, découvert parNewton, et devait servir de base à une détermina-tion plus exacte de la figure du globe. Jamais, tantque les sciences seront cultivées en France, on n’ou-bliera le nom du ministre qui, par cette magnifi-cence si rarement déployée en leur faveur, a prouvéqu’il sentait tout le prix de la vérité, dont le sortdans les cours est si souvent dédaigné comme inu-tile, lorsqu’elle n’y est pas persécutée comme dan-gereuse. Nous n’entrerons dans aucun détail, ni surle succès, ni sur les résultats de ces savantes expédi-tions : l’histoire de l’Académie en a rendu compte;on les trouve dans les éloges des savants qui ont sa-crifié à ces travaux utiles et pénibles leur temps,leur santé, et même une partie de leur gloire per-sonnelle : en effet, ils ne pouvaient espérer d’autrerécompense que l’estime due à leur zèle, à leur cou-rage, à l’exactitude de leurs observations, au travail