l \76 ÉLOGE DE M. DE MAUREPAS.
sive, qu’à tenir la nation tout entière dans la dé-pendance de quelques artistes, et opposer aux pro-grès de ces mêmes arts un obstacle presque insur-montable. Il fut aidé, dans ce projet, par un de ceshommes en qui le talent est indépendant de l’édu-cation. M. Olivier, constructeur de vaisseaux, vitque son art avait besoin du secours des sciencesmathématiques, et il quitta tout pour les étudier.Plus il s’instruisait, plus il sentait le besoin d’unegrande réforme. Il s’adressa directement au mi-nistre, auquel il était inconnu; et le ministre, frappéde la justesse de ses vues, appuyées du suffrage deM. Duhamel, s’empressa de les seconder. M. Olivierfut envoyé en Angleterre pour y étudier un art quialors y était plus avancé qu’en France. M. de Mau-repas établit à Paris une école publique pour lesconstructeurs; il désira que cet art fût développédans un ouvrage mis à leur portée ; il voulut répan-dre dans le public la connaissance des bois em-ployés dans la marine, de leurs usages, de leursdifférentes qualités. La direction de cette école, lacomposition de ces dijpférènts ouvrages , les expé-riences nécessaires pour confirmer ou rectifier lesconnaissances qu’on avait déjà; tous ces objets fu-rent confiés à M. Duhamel, qui depuis longtempsavait mérité la confiance du ministre, par un zèleactif et désintéressé, par des conseils utiles en plusd’un genre, et qui tour à tour chimiste, physicien,botaniste ou mécanicien, a parcouru toutes lesbranches de l’agriculture et des arts, guidé danstoutes ses recherches par l’utilité publique, et pré-