482 ÉLOGE DE M. DE MALI REPAS.
toutes les affaires qu’on lui proposait; les expliquantaux intéressés avec une clarté que souvent ils n’au-raient pu eux-mêmes leur donner; se les rappelantaprès un long temps, comme s’il en eût toujours étéoccupé; paraissant chercher les moyens de les faireréussir ; choisissant, lorsqu’il était obligé de refuser,les raisons qui paraissaient venir d’une nécessité in-surmontable, et (s’il était possible) celles même quipouvaient flatter l’amour-propre de ceux dont il étaitobligé de rejeter les demandes; évitant surtout deleur laisser entrevoir les motifs qui pouvaient lesblesser; adoucissant ses refus par un ton d’intérêtqu’un mélange de plaisanterie ne permettait pas deprendre pour de la fausseté ; paraissant regarderl’homme qui lui parlait comme un ami qu’il se plai-sait à diriger, à éclairer sur ses vrais intérêts ; cachantenfin le ministre pour ne montrer que l’homme ai-mable et facile : tel fut, à l’âge de vingt ans, M. deMaurepas; tel nous l’avons vu depuis à plus dequatre-vingts ans.
Suivant les différences du rang, du mérite person-nel, de la réputation, il donnait à sa politesse, à seségards, les nuances que ces différences exigent; mê-lant à ces égards une liberté, une gaieté qui ren-daient son accueil plus flatteur, en lui ôtant l’appa-rence de la cérémonie et de l’étiquette, il savaitsatisfaire l’amour-propre sans paraître céder auxprétentions. S’il était obligé de ménager, par des dis-tinctions, une vanité plus délicate, il évitait avec sointout ce qui pouvait les rendre humiliantes pourceux qui n’en étaient pas l’objet, et souvent même il