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Tome deuxième.
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ÉLOGE UE M. UE MAUKEUAS. 4^3

avait l’art de ne les laisser apercevoir qu’à celui quidevait en être flatté.

Nul ministre n’a paru moins mystérieux; la gra-vité, l’importance lui paraissaient un ridicule dansles autres ; et s’il craignait peu les ridicules qu’on luivoulait donner, il évitait jusqu’au scrupule ceuxqu’il aurait pu se donner à lui-même. Ses ennemislui ont reproché d’être indiscret; mais souvent cequ’on appelait ses indiscrétions, ou plutôt ses pré-tendues imprudences, était réfléchi : il laissait échap-per ce qu’il voulait bien qu’on sût, quand il ne de-vait pas le prononcer.

Le ministre de la maison du roi est en quelquesorte le juge de ces petites querelles d’étiquette, derang, de droits, déplacés, qui occupent si souventles cours. La raison les méprise, mais les suitesqu’elles peuvent avoir leur donnent une importancenécessaire; on ne peut les traiter avec gravité sanss’avilir en quelque sorte; on ne peut paraître lesdédaigner sans montrer pour ceux qu’elles agitentun mépris qui les blesse. Cette partie du ministère,si petite par son objet, expose celui qui en est chargéà des haines plus actives, plus dangereuses que lesaffaires de son administration les plus importantesau bonheur des peuples. Elle exige une grande con-naissance des détails de l’histoire, des ressources dansl’esprit, pour empêcher des querelles minutieusesde dégénérer en haines ou en cabales, et pour trou-ver des expédients qui satisfassent ou consolentdeux vanités opposées; elle demande un mélangeheureux de douceur et de gaieté qui fasse pardon-

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