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Tome deuxième.
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4g 2 ÉLOGE DE M. DE MAUREl’AS.

pouvoir; rhomme vertueux jouit en paix, dans uneretraite libre, de sa renommée et du témoignage desa conscience. Ainsi , en bornant la disgrâce d’unministre à la privation de sa place, la justice estobservée du moins à l’égard des individus; et si l’ona eu le malheur de méconnaître la vertu ou le génie,on s’épargne le remords si douloureux de les avoirpersécutés (i).

Nous ajouterons encore que, dans aucune époquede notre histoire, les ennemis des ministres n’ont étéplus en sûreté. Cette conduite était à la fois, dansM. de Maurepas, l’ouvrage de sa modération naturelleet celui de sa raison. Il savait que c’est la rigueurseule qui donne aux partis de l’activité et de laforce; que, pour les diviser, il suffit de les tolérer;et que les hommes, qui ont les mêmes sentiments etles mêmes intérêts, ne deviennent à craindre que,lorsqu’en s’occupant d’eux, on les avertit de seréunir.

Élevé dans des principes pacifiques, M. de Maure-pas aimait la paix ; il ne consentit à la rompre quelorsqu’il s’y vit contraint par une nécessité presqueindispensable; et la guerre qu’il approuva, nobledans ses motifs, aussi juste dans ses principes quepeut l’être une guerre qui n’est pas purement défen-sive, paraissait presque indépendante du hasard dansses succès, et ne pouvait réveiller la jalousie d’au-

(i) On demandait à un roi s’il exilerait un ministre dont ilavait cru le déplacement nécessaire : Pourquoi l’exiler , rcpondit-il , je ne veux pas avoir l’air de le craindre.