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cune puissance : son résultat enfin devait être unévénement important au bonheur du genre humain;et jusqu’ici peut-être aucune guerre, même juste,n’avait eu cette excuse aux yeux de l’humanité. Ilavait prévu, dès 17^9, cet événement qui n’eut lieuque vingt-neuf ans après, en 1778. Dans un mé-moire remis au feu roi, peu de temps avant son exil,il lui développait les moyens d’ouvrir, par l’inté-rieur du Canada, un commerce avec les coloniesanglaises, de leur apprendre à aimer le nom fran-çais, et à regarder la France comme une alliée natu-relle, qui les aiderait un jour à briser le joug del’Angleterre, lorsque l’inexorable dureté du despo-tisme populaire aurait rendu ce joug insupportable.
La mort vint surprendre M. de Maurepas à l’ins-tant où son bonheur 11e pouvait plus croître ; et lafortune, qui l’avait toujours favorisé, lui ména-geait, pour ses derniers moments, les deux événe-ments qui pouvaient le plus en adoucir l’amer-tume.
La naissance d’un héritier du trône n’est pas seu-lement , pour le confident intime d’un monarque,un événement public qu’il partage avec tous les ci-toyens; c’est un bonheur particulier et personnel.Le roi le sentit : il vint annoncer lui-même cettenouvelle à son ami, et s'en féliciter avec lui; expres-sions bien précieuses quand elles échappent au cœurd’un roi, dans un de ces instants surtout où la na-ture est seule entendue, et où les rois ne sont quedes hommes. M. de Maurepas, déjà attaqué de lamaladie sous laquelle il succomba, reçut cette preuve