558
ELOGE OE M. BERNOULLI.
mène que Mariotte et Leibnitz avaient déjà observé.Il résulte de cette théorie, que les lois ordinairesdu choc des corps élastiques où l’on a fait abstrac-tion de ce double mouvement ne sont pas rigou-reusement d’accord avec la nature; et l’expérienceest encore ici conforme aux résultats du calcul.
On voit enfin, dans plusieurs endroits de ses ou-vrages, qu’il croyait possible d’expliquer, par cemême principe, les phénomènes les plus singuliersde la lumière; mais il semble qu’il n’ait osé toucherà cette matière si délicate, et il s’est borné à montrerde loin à ses successeurs une route où il a craint lui-même de s’engager.
Les géomètres qui connaissent les ouvrages deM. Bernoulli s’apercevront que nous avons cru de-voir nous étendre seulement sur ceux qui peuventle mieux faire connaître le caractère distinctif deson esprit : ainsi, nous n’avons parlé ni de ses appli-cations du principe de la conservation des forcesvives au mouvement des corps attirés par des cen-tres, ou s’attirant réciproquement; ni de ses recher-ches sur les oscillations ou les trajectoires décritesdans un milieu résistant; ni enfin de sa découvertedu principe de la conservation du mouvement gyra-toire, principe donné depuis, avec de nouvelles ap-plications, par M. d’Arci, comme nous l’avons ditdans l’éloge de ce dernier. M. Bernoulli n’a publiéséparément qu’un seul grand ouvrage, son célèbretraité d’Hydrodynamique.
La théorie du mouvement des fluides avait oc-cupé les géomètres les plus illustres du dix-septième